Démarche

Le processus de création d’Hugo Sabourin est ancré dans le geste, la part primitive de l’impulsion. Cet ordre inexplicable dénué d’émotion, d’intention, par lequel la nature fonctionne, et notre instinct s’exprime.

 

Bien que la contemplation fasse partie des fondements de sa pratique artistique, elle s’arrête au moment où il intervient activement et de façon calculée en prenant ce que son environnement lui procure comme matière de base et comme instrument d’intervention.

 

Il altère et utilise non-seulement des objets qui l’entourent, mais il laisse au hasard du processus les variables du quotidien qui influenceront le choix de la peinture, des couleurs, des dimensions et de la texture de ses créations.

 

En réfléchissant sur l’interdépendance, il teste d’une part sa résilience face à l’aspect imprévisible de l’œuvre. Il refuse ainsi d’employer des matériaux à résultats prévisibles et de suivre un processus figé, se soumettant à un exercice de flexibilité et d’adaptation radicale.

 

D’une autre part, la résilience de l’œuvre est au même titre mise à l’épreuve devant l’imprévisibilité de l’artiste, ses pulsions momentanées, son trajet vers le bout de l’élan.

 

Dans son rapport à l’environnement, il observe et témoigne de l’altération des éléments sous l’intervention de l’humain. Il soumet ses œuvres aux aléas du quotidien soit en piétinant ses canevas et en les installant sur les planchers de sa maison pendant une certaine période, ou en intervenant sur celles-ci avec des gestes qui s’apparentent à l’exploration de l’enfant avec la matière.

 

Frottements avec des objets hétéroclites ou entre canevas, pliage, superposition, interventions instinctives et irréfléchies, autant de gestes désacralisant l’acte de créer tout en validant la destruction et le vieillissement comme partie intégrante du processus.

 

En matière d’esthétique, l'anti-sophistication est défendue comme forme légitime de rendu, déconstruisant ainsi les codes et les conventions du processus et de la présentation. Une façon d’en témoigner réside dans le travail en série, l’expérimentation ponctuelle et la désinhibition technique.

 

Le processus de finition consiste à côtoyer l’œuvre dans son cadre d’existence quotidien afin de pouvoir intervenir à n’importe quel moment pour se rapprocher de l’équilibre dans la composition. Il en résulte aussi une acclimatation à cette œuvre dans un autre contexte que le cadre romancé de “l’atelier d'artiste”.

 

Le travail d’Hugo Sabourin est caractérisé par l’abondance de couleurs et de textures, les références à la nature, l’instinct, la culture populaire, l’utilisation des symboles codifiés, du langage graphique universel, la perceptibilité des couches composantes du tableau et de certains gestes exécutés pour achever l’œuvre.

© 2019 HUGO SABOURIN

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